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Unités de mesure en Égypte
Ancienne
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Il est rare qu'un travail de recherche vise à jeter une lumière
entièrement nouvelle sur un aspect particulier de la culture de l'Égypte
ancienne, ce qui exige que la compréhension admise depuis longtemps soit
mise de côté, alors qu'une nouvelle présentation - dont
l'existence n'a été guère été perçue
jusqu'à présent - est appelée à prendre sa place.
Cependant, telle est l'affirmation de l'architecte Elke Roik, dans son étude
du système égyptien des mesures de longueur. Inspirée par
la mise en évidence d'une mesure de longueur inconnue, lors de l'étude
de la tombe de Taousret (KV 14) sous la direction du Prof Altenmüller, le
Dr Roik a développé la théorie que cette mesure linéaire
a été d'un usage général en Egypte, depuis les époques
les plus anciennes jusqu'à la période romaine. Distincte de la
coudée royale, cette unité avait une longueur de 65 cm divisée
dyadiquement - en moitiés successives - en huit parties chacune d'environ
8.125 cm, et il est donc fait usage de la méthode de division connue chez
les Égyptiens sous la dénomination "fractions de l'Oeil
d'Horus", relatives à une mesure de maïs. |
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Néanmoins, parce que le même module de 16 cm semble avoir été
utilisé dans plusieurs chambres, et pourrait également être
signalé par une série de marques rouges espacées de 14 à
19 cm sur le plafond de l'une des chambres, il y a des raisons qui plaident pour
l'existence d'une unité qui ne coïncide pas facilement avec les
divisions reconnues de la coudée. Cela semble être confirmé
par la largeur des piliers dans la chambre funéraire de Taousret,
d'environ 65 cm, car, bien qu'une largeur de 65,5 cm puisse être exprimée
en termes conventionnels comme "1 coudée 1 palme 3 doigts", ce
choix de dimension un peu complexe n'est pas très plausible; et s'il est
pris comme base pour des subdivisions dyadiques d'environ 32 cm et 16 cm, alors
nous aurions à prendre en compte des fractions de doigt. D'un autre côté,
Roik ne tient pas compte du fait que la coudée royale était évidemment
utilisée ailleurs dans la tombe de Taousret, comme, par exemple, dans la
largeur du passage, de 4 coudées exactement, la hauteur de la chambre, de
5 coudées, et la largeur de la chambre 'E' de 10 coudées [2]. Or,
la largeur des piliers de 65 cm correspond juste à 1 coudée 1/4,
et appartient à la série 10, 5, 2 1/2, et 1 coudée 1/4, que
l'on obtient simplement par la division répétée par moitiés
à partir de la dimension de la dimension initiale de 10 coudées.
Ainsi, les unités découvertes par Roik pourraient être une
extension du système de mesure basé sur la coudée à
l'aide de la méthode dyadique de division, comme cela peut être réalisé
par la répétition du pliage en deux - en marquant le point obtenu
par un nud - d'un cordon de mesure de 10 coudées de longueur. |
| "Quantité de son travail qui est dans l'embrasure de la
porte: 3 nebi dans sa largeur, 7 nebi dans sa hauteur, sa
profondeur 3 coudées, ce qui fait..." |
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A partir de ce dernier ostracon, Hayes a espéré évaluer
la longueur du nebi, entre 65 et 77 cm, estimant que les "3 nebi
dans sa largeur", et les "7 nebi dans sa hauteur",
pourraient être assimilés aux dimensions de la porte, de 2,32 m de
large et 4,53 m de haut. Cependant, les scribes n'ont pas écrit les
dimensions linéaires de cette manière, mais plutôt comme "largeur
de 2 coudées, profondeur de 2 coudées" - comme nous le voyons
à nouveau dans l'ostracon n° 76. La différence dans
l'expression des mesures du nebi peut être expliquée par le
fait qu'elles se réfèrent à des volumes de roche enlevés
de la tombe, que le scribe a calculés en effectuant un compte-rendu du
travail réalisé. |
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Le Dr Roik souligne également que le qualificatif de "royal"
pour la coudée n'est connu qu'à partir du Nouvel Empire, et elle
se pose la question de savoir si les références antérieures
à la coudée, sans cette désignation, doivent correspondre à
une longueur de sept palmes, plutôt qu'aux six palmes de la petite coudée.
Elle ne peut pas nier que les relevés de mesures de longueur en Egypte
sont invariablement associés au système de la coudée, et
comme les mesures de la coudée et du nebi sont mentionnées
l'une à côté de l'autre sur les ostraca de
Senenmout, elle en déduit que la coudée et le nebi doivent
avoir été liés. Comme nous l'avons vu, le nebi linéaire
mesure en réalité deux coudées, mais malgré le fait
que la mesure de 65 cm puisse être évaluée dans une
proportion simple de la coudée royale - égale au 5:4 de cette
dernière - le Dr Roik décrit cette relation comme "eine
scheinbare Verbindung", une liaison apparente, mais en fait illusoire,
parce qu'avec ce rapport 5/4 les divisions de la coudée ne coïncident
pas avec les divisions dyadiques (ou dédoublements) de la règle-65
hypothétique proposée par Roik. En conséquence, elle est
conduite à dériver vers une "coudée-48" contenant
six des huit unités de la règle-65, et elle trouve une longueur de
cette coudée hypothétique, de 6/8 × 65 cm ou 48,75 cm. Bien
entendu, on ne peut pas concilier cette longueur et cette division avec les règles-coudées
de sept parties destinées à l'équipement funéraire,
et les affirmations de Mme Roik ne sont pas compatibles avec les dimensions du
Plan de Turin, ou avec les problèmes de seked (ou d'inclinaison
des pyramides) dans le papyrus mathématique Rhind, qui, tous, impliquent
une coudée de sept palmes, même si elle n'y est pas explicitement définie
comme "royale", comme le Dr Roik le fait remarquer. En outre, les
mesures dans le papyrus Reisner exigent également une coudée divisée
en sept parties, et elles confirment que cette mesure a été utilisée,
sans l'appellation "royale", au cours du Moyen Empire.
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La nature fondamentale de ces preuves de l'utilisation de la coudée
royale au cours de l'Ancien Empire n'a pas empêché le Dr Roik de
les ignorer en totalité de manière regrettable. De plus, alors
qu'elle est confrontée à des résultats comparables relatifs
à la coudée du Moyen Empire, mise en évidence dans la
notice biographique de l'inscription de Khnoumhotep du tombeau n° 3 à
Beni Hassan (p.370), elle reste convaincue que les unités de la règle-65
étaient employées dans ce tombeau comme ailleurs. D'autre part,
alors qu'elle a tout d'abord rejeté les dimensions du Plan de Turin de la
tombe de Ramsès IV en les assimilant à un calcul relatif à
la décoration (p.173), elle semble enfin admettre que la coudée
royale de sept palmes a dû être utilisée (p.375), et en effet
la correspondance entre les dimensions spécifiées dans le plan et
celles qui sont utilisées dans la tombe elle-même, ne permettent
pas d'autre conclusion. |
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Afin de déterminer si l'unité de 8,125 cm était
statistiquement utilisée de façon plus importante que le palme de
7,5 cm - associé à la coudée royale - l'auteur de cette
critique a analysé à l'aide d'un ordinateur, quelques centaines de
dimensions fournies par Roik. Les erreurs moyennes calculées relatives au
choix du quantum dans cette enquête ont montré que, dans la plupart
des cas, on ne pourrait pas prouver que le palme ou l'unité-8.125 aient été
utilisés, pour la raison probable que les données ne sont généralement
pas suffisamment précises pour qu'un petit quantum ou unité puisse
être détecté. Toutefois, cette analyse a été
conçue pour mettre en évidence tout quanta d'une longueur donnée
approximative, et elle a donné des résultats assez inattendus.
En particulier, les dimensions d'un sarcophage de la Troisième Dynastie
ont été jugés si fortement quantifiés en termes
d'une unité de 8,72 cm, qu'il ne semblait y avoir aucun doute que cette
unité ait été employée dans la fabrication. Pour
les huit dimensions indiquées par Roik pour ce sarcophage (Al, p.317),
l'erreur de quantification moyenne n'était que de 7,6%, avec une erreur
moyenne d'exécution de seulement 1% dans l'ensemble des dimensions.
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Planche
à dessin en bois recouverte de plâtre - Nouvel Empire
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Canon et métrologie |
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Les changements du canon, en particulier au cours de la Période
d'Amarna, étaient bien sûr des variations stylistiques destinées
à obtenir des effets, et ils ont été conçus presque
certainement grâce à des croquis préliminaires, sans tenir
compte de mesures anatomiques. La mise en place occasionnelle de figures
subalternes dans la même grille que la figure principale suggère
que la grille a été utilisée parfois comme un dispositif de
copie d'une composition élaborée dans un croquis, et bien que le
quadrillage permette a priori à l'artiste d'obtenir les proportions
souhaitées dans l'esquisse, il facilite également la reproduction
fidèle sur les peintures murales, de divers éléments à
main levée ou secondaires, que l'artiste avait insérés dans
son esquisse. Les traces de grilles dans certaines scènes, de plus, ne
signifient pas toujours qu'un canon a été en usage, et nous ne
devrions pas négliger la capacité de l'artiste égyptien à
dessiner à main levée des figures respectant une proportion
rigoureuse, sans l'utilisation d'une grille. [27] Après la Période
d'Amarna, en tous cas, le canon-18 orthodoxe continue à être
largement utilisé. |

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Au contraire, il est plutôt concevable que la métrologie égyptienne provient du canon de l'art, étant donné que la coudée royale est beaucoup plus longue que la longueur de l'avant-bras jusqu'à l'extrémité des doigts, et n'était pas une unité morphologique du corps humain comme Iversen l'a supposée. A partir des mesures de 60 momies, Gay Robins a montré que la hauteur moyenne des adultes égyptiens de sexe masculin était de 166 cm, [30] de sorte que la hauteur moyenne jusqu'à la ligne des cheveux doit être d'environ (18/19) × 166 soit 157,3 cm. Par conséquent, chacune des trois parties égales dans lesquelles cette distance a été divisée, au niveau des genoux et les coudes, était égale à 52,4 cm, ce qui est exactement la longueur de la coudée royale. Chaque partie, par ailleurs, correspond à six unités de la grille, et cela est donc conforme à la division de la coudée royale en six parties, qui, nous l'avons vu, remonte à l'Ancien Empire. La coudée royale peut donc être présentée comme étant la vraie coudée "canonique", qui a pu être mise en place, car, bien que la petite coudée représente la longueur naturelle de l'avant-bras, on peut mettre en évidence que cette longueur est répartie maladroitement environ 3 fois 1/2 dans la hauteur jusqu'à la ligne des cheveux. Etant basée sur six paumes naturelles de chacune 8,74 cm, la coudée royale peut être placée exactement trois fois dans la hauteur canonique, et chacun des côtés des 18 carreaux dans la hauteur peut être assimilé à une paume. Si le carré de la grille inclut parfois le pouce, c'est parce que la largeur de la main a été dessinée un peu trop petite par rapport au reste du corps - une erreur de proportion qui est encore plus évidente pour les pieds trop longs des figures humaines de l'art égyptien. Toutefois, dans de nombreux cas, le carré de la grille est bien plus étroit que le "poing", et correspond de près à la largeur de la paume. [31] |
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Par conséquent, les unités d'un sixième de la coudée
royale ne sont pas les "grandes paumes" d'une "coudée réformée",
comme Iversen l'a supposé, mais les paumes naturelles d'une coudée,
dont le partage en six parties existait au moins depuis l'Ancien Empire. De ces
six paumes, cinq se trouvent dans la petite coudée, qui correspond aux
cinq carrés de la grille, et donne une longueur de l'avant-bras de 5/6 ×
52,4 cm soit 43,7 cm. Cela appuie l'observation de Petrie que la petite coudée,
comme on le voit sur certaines règles-coudées votives, était
plus courte que la longueur de six
shesep, soit 45,0 cm, car elle est au plus de 23 doigts, et non pas de
24 doigts comme l'on a souvent affirmé. [32] L'assimilation de la petite
coudée à six des sept parties de la coudée royale était
peut-être juste l'équivalent le plus proche sur une échelle
plus raffinée, basée non pas sur les paumes, mais sur le
shesep ou largeur de quatre doigts naturels. Il en résulte que la
réforme canonique de la période Saïte ne peut pas avoir été
causée par une réforme de la coudée royale; c'est en tout
cas peu probable, parce que les Égyptiens de cette époque ont plutôt
tenté de revenir à des prototypes de l'Ancien Empire. Cependant,
la réforme peut être expliquée comme un faux archaïsme,
car en tentant de rétablir le canon ancien après les altérations
du Nouvel Empire, les artisans ont probablement supposé que le partage "sacré"
de la coudée en sept parties doit être utilisé, de sorte que
sept carrés, chacun étant l'équivalent du shesep,
ont pris la place de six carrés de la grille originale. [33] La hauteur
canonique est désormais de 22,5 × 7,5 cm, soit 169 cm, soit environ
3 cm de plus que la hauteur initiale; alors que le niveau de 21 carrés,
ou de trois coudées royales, a été placé désormais
légèrement en dessous de la ligne des cheveux. |
1. H. Altenmüller, SÄK 10 (1983), 3-4. |